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George Cukor

 

    

 CINEMA AU COIN DU FEU:

 

       Contes de l'âge d'or    

CONTES DE L'ÂGE D'OR  : (Présentation)

 

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      GAINSBOURG -  (VIE HEROÏQUE) -
         
                
        
 
 
     
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  EVOLUTION: Les analyses de certains films vont d'être" étoffées ". De plus, de nouvelles photos et des vidéos vont être rajoutées. N'hésitez pas à revenir fureter dans la liste des films. Petit à petit, vous trouverez donc du changement.
 
 
 
 
GAINSBOURG - ( VIE HEROÏQUE )

 Universal Pictures International France

Vidéo

 

 

Durant la période de l'occupation, Lucien Ginsburg est un petit gamin vivant à Paris. Son père tente désespérément de l'intéresser au piano mais sans grand succès, l'enfant préférant le dessin et la peinture.  Avec son nez proéminent et ses oreilles décollées il se montre très affirmé, ne fait rien comme les autres se construisant une vie très particulière et surprenante. En grandissant il  se met à fréquenter les pianos-bars. Là il va faire des rencontres  déterminantes pour sa vie privée, affective et professionnelle. Au fil de ses relations avec de très jolies femmes son génie de la musique va éclater au grand jour. Mais la cigarette, l'alcool et son penchant autodestructeurs lui feront commettre les pires excès qui serviront son art. Son esprit provocateur soulèvera bien des passions. Ces éléments réunis, le petit Lucien Ginsburg deviendra le très grand et atypique Serge Gainsbourg que certains détestent et que d'autres adulent mais qui ne peut faire que l'unanimité sur son art. 

 

Eric Elmosnino. Universal Pictures International France 

 

 

Quel curieux et atypique destin que celui de ce jeune Lucien Ginsburg. Rien ne pouvait laisser présager une vie aussi hallucinante et semée d'aventures les plus insensées. Rien ne pouvait laisser présager que ce garçon, timide, complexé, au visage en "tête de chou", parviendrait au succès qu'on lui sait.  Lucien, qui est né en 1928,  doit bien avoir une dizaine d'année lorsqu'on le découvre tapotant sur les touches du piano familial sous le regard exigeant de son père Joseph, pianiste dans les boîtes. Sa mère Olga est chanteuse lyrique et se contente de calmer les esprits et de s'occuper de  Liliane, sa soeur jumelle. Le jeune garçon est déjà attiré par la beauté des corps féminins, ce qui fait la joie de ses copains d'école tout émoustillés par les dessins de Lucien. L'étoile jaune qu'il est contraint de porter sur sa veste n'entrave en rien son aplomb face aux adultes ni son sens acéré de la réplique et encore moins son instinct artistique. L'enfant, complexé de nature, est habité dans son subconscient par cette énorme tête grotesque qui le suit sans cesse. C'est celle-ci qui le guide et  lui donne cette volonté de poursuivre coûte que coûte le chemin dans lequel il s'est engagé. C'est à cette période qu'il va faire dans un café une rencontre qu'il n'oubliera jamais. Il croise en effet Fréhel, chanteuse très renommée à l'époque, et avec elle  il se met alors à chanter une rengaine  loin d'être enfantine. La grosse tête qui  hante l'esprit de Lucien  lui rappelle qu'il est en déphasage avec le monde de l'enfance et qu'il vit dans une autre sphère. C'est alors que ce gamin déluré part avec sa famille en exil. Au retour,  lui aussi,se met à jouer du piano dans les boîtes et ce jeune homme assez particulier ne déplaît pas aux femmes. Malgré un semblant de timidité, il a la réplique toujours aussi facile et ne recule jamais devant les aventures et les mariages avec ces charmantes dames. Cependant la grosse tête s'est effacée et laisse  place à "La Gueule", sorte de marionnette très caricaturale qui aiguillonne sans cesse le jeune homme. Sa conscience est en débat permanent avec ce genre de "Mr Hyde" qui l'incite insidieusement aux excès en tous genres, excès qui feront sa gloire mais qui le conduiront inéluctablement à sa perte. Lucien  Ginsburg, devenu Serge Gainsbourg, fait la connaissance de Juliette Gréco et de Boris Vian, lequel aura beaucoup d'influence sur lui. Le sens de la provocation que lui insuffle "La Gueule" va le pousser à composer pour France Gall, quelque peu manipulée , "Les sucettes". Les allusions des paroles choquent un grand nombre de personnes mais qu'importe. Il a lancé définitivement la jeune chanteuse et il installe son statut très particulier d'anticonformiste. La rencontre avec la superbe  Brigitte Bardot sera pour ces deux êtres un grand moment d'amour et un réel puits d'inspiration pour  Serge Gainsbourg, à la sensibilité à fleur de peau. Impossible de ne pas se souvenir de : "Comic strip", de "Harley Davidson" ou de "Bonnie and Clyde" ? et pourtant l'actrice n'était pas une vraie chanteuse, elle-même étant la première à le reconnaître ! Cette relation passionnée durera quelques mois. Puis, par pure coïncidence, il  fera la connaissance de Jane Birkin. Il la suivra sur ses lieux de tournage, la sublimera et Charlotte sera le fruit de cette passion. Les succès s'enchaîneront avec notamment le dérangeant mais remarquable : "Je t'aime... moi non plus".  Malheureusement ce "Mr Hyde" qui ne le lâche pas un instant  le poussera vers tous les excès et sa vie intime ainsi que sa santé en feront les frais. Il devient alors"Gainsbarre" qui évolue dans un paradis artificiel. Cet homme aborde alors la vie comme un funambule dans un nuage de fumée, cependant l'imagination reste fertile et son arrogance n'a d'égale que sa sensibilité. Il revient de la Jamaïque avec sa fameuse Marseillaise reggae : "Aux armes et caetera". Cela provoque l'émeute  parmi de soi-disant patriotes mais il effectue la prouesse de les faire chanter l'Hymne National avec lui. Le journaliste très conservateur Michel Droit  se mêle de cette affaire ce qui lui vaut une réponse cinglant de la part du chanteur. Serge Gainsbourg est prit dans un tourbillon infernal, il vit dans un état second,   "La Gueule" continuant à avoir une très mauvaise influence sur lui. Jane démissionne et le quitte. Bambou sera son dernier recours et Lucien qui verra le jour sa dernière grande joie. Une cinquième crise cardiaque aura raison de l'artiste le 2 mars 1991 et à partir de ce jour, "La Gueule" cessera de le torturer. Ainsi aura vécu Serge Gainsbourg : entre gloire et décadence mais n'est-ce pas le lot de certains génies ?

 

Laetitia Casta et Eric Elmosnino. Universal Pictures International France

 

 Pour un coup de maître, on peut dire que c'en est un, car Joann Sfar qui réalise ici son premier film nous gratifie d'une oeuvre remarquablement originale. Dans sa structure il évite de tomber dans les poncifs consistant à exhiber la vie de l'artiste tel un documentaire. Le cinéaste nous offre un conte dans lequel un être va se retrouver toute sa vie devant ses contradictions, un être à qui le bonheur ne cesse de lui tendre les bras et qu'il ne saisit que très épisodiquement. La démarche  de faire dialoguer Serge Gainsbourg avec des marionnettes symbolisant son subconscient  ajoute une touche de fantastique et d'émotion à cette oeuvre.  Le film, adroitement, ne fait pas mention des actes de l'artiste qui défrayaient les colonnes de la presse à scandale. Il ne fait pas mention non plus d'une carrière cinématographique assez terne relevant plus de la provocation que de l'intérêt des sujets. Ici on ne s'intéresse qu'à l'artiste génial, à la sensibilité exacerbée, excessif en tout et mal dans sa peau. Pour interpréter ce rôle de Serge Gainsbourg adulte Joann Sfar nous a gâté en imposant Eric Elmosnino absolument crédible, bouleversant et troublant de ressemblance. Les attitudes, la voix, le regard et l'ampleur dramatique qu'il restitue à son personnage permettent de lui rendre le plus beau des hommages. Il faut également associer le jeune Kacey Mottet qui nous dépeint l'enfance de l'artiste avec beaucoup de naturel  et de brio. Le personnage de Serge Gainsbourg ne serait pas complet sans "La Gueule" sans cesse derrière son dos, jouée par Doug Jones, très intrigant et énigmatique dans ce costume accentuant à l'excès la physionomie de "l'homme à la tête de chou". Il est très intéressant de voir défiler sous nos yeux certaines personnes qui ont fortement compté dans la vie de Serge. Ainsi Laetitia Casta porte le rôle d'une Brigitte Bardot belle et amoureuse de très brillante manière. Lucy Gordon, décédée tragiquement en mai 2009, incarne une Jane Birkin aussi vraie que nature dont le bonheur et la complicité avec cet homme qu'elle aime envers et contre tout vont se transformer en angoisse voire en cauchemar. Les autres acteurs se trouvent tous à la hauteur du personnage qu'ils incarnent avec personnellement une réserve pour le portrait très approximatif de France Gall. A noter que le rôle de Georges Brassens est tenu par Joann Sfar, le réalisateur.

 

Lucy Gordon. Universal Pictures International France 

 

 Le mérite est grand d'avoir réalisé un film sur un personnage aussi complexe que Serge Gainsbourg, car Joann Sfar, également dessinateur de BD, se montre très à la hauteur de ce défi. Je fais partie de ceux qui ont suivi et aimé l'imprévisible Serge Gainsbourg aussi je suis ravi qu'on le fasse revivre au travers de ce film aux multiples qualités. 

 

 

 
Gainsbourg - (vie héroïque) - ma note pour ce film :
Réalisé par Joann Sfar
Année de production : 2009
LA FRACTURE DU MYOCARDE

 

Martin est un jeune collégien vivant en province, élevé uniquement par sa mère et fréquentant une classe de cinquième. Depuis quelques jours les camarades du jeune garçon remarquent son comportement bizarre et inhabituel. Il s'isole, semble soucieux et introverti. Deux de ses meilleurs copains, de plus en plus intrigués, décident de percer ce mystère en filant Martin. A leur grande surprise ils découvrent le terrible secret que cache le jeune garçon: sa mère est décédée d'une "fracture du myocarde" et Martin ne peut avouer ce drame de peur d'être confié à l'Assistance Publique. Devant cette terrible situation, il va trouver une complicité avec certains enfants de sa classe. Ensemble ils vont monter un stratagème afin de tromper les adultes et l'administration, tentant de détourner les soupçons qui s'amoncellent contre le jeune garçon.

 

Ce film sympathique de Jacques Fansten nous offre un sujet original car cette oeuvre a  le grand mérite de traiter de la réaction d'un enfant confronté à  une  pénible réalité. Martin élevé uniquement par sa mère se retrouve, à la mort de celle-ci, plongé dans un dilemme insoutenable: d'un côté rester au milieu de son environnement de copains et de liberté et de l'autre la Ddass signifiant l'isolement, la prison et la perte totale de ses repères. C'est alors que  cet évènement inattendu provoque chez l'enfant une rapide évolution dans la maturité de Martin. Il passe brusquement  de l'enfance à l'adolescence en prenant des responsabilités insoupçonnées.Il devra prendre de graves décisions, son comportement va changer mais, grâce à la solidarité de ses camarades, un miracle va s'accomplir .Ceux-ci vont user de toutes les astuces possibles et inimaginables pour cacher la terrible vérité. Cela amène des scènes parfois truculentes mais aussi très émouvantes comme l'enterrement de la maman de Martin. Cette étude psychologique est rarement traitée au cinéma et l'expérience est  intéressante même si elle souffre parfois de maladresse et d'une certaine lourdeur.

 

En fait, j'ai décidé de vous présenter ce film pour trois raisons. La première est relative au sujet de cette histoire émouvante grâce en grande partie au naturel des enfants, la seconde parce que ce film mérite nettement mieux qu'un succès relativement confidentiel et la troisième vient du fait qu'il m'a été entendu dire que le film avait été tourné dans un collège de ma ville: La Ferté-Bernard et ça, c'est pour le chauvinisme. C'est vrai que cette réalisation de Jacques Franstein est quelque peu larmoyante car elle souffre parfois d'une certaine lourdeur dans le traitement de quelques scènes. C'est vrai que l'on se trouve transporté beaucoup plus dans le domaine de la fable que de la fiction en raison de scènes quelque peu invraisemblables mais toujours émouvantes malgré tout. Il semble que Jacques Fansten en jouant sur l'échiquier de l'émotion teintée d'aventures a laissé la part belle aux jeunes acteurs amateurs qui jouent le jeu à fond, le réalisateur les dirigeant avec beaucoup de doigté et de tendresse. A l'inverse, les partitions laissées aux acteurs adultes sont un peu trop caricaturales et de plus une certaine rigidité dans leurs personnages nuit à la sincérité du sujet. Néanmoins je tiens à signaler la performance plus qu'honorable du petit (à l'époque) Sylvain Copans dans le rôle d'un Martin en proie aux affres de sa vie future.

 

Je vous conseille vivement de voir ce film car il reste attachant, rempli de bons sentiments, d'amour et de fraternité. Les mentalités et la vie de la province sont assez bien abordées et le climat parfois morbide relatif à la naïveté des enfants en fait une oeuvre tout à fait à part qu'il serait dommage de négliger. Si vraiment vous en avez l'occasion, faites les curieux et allez voir ce film attachant, vous ne perdrez pas votre soirée et peut-être en sortirez-vous un peu bouleversé.

 
La Fracture du myocarde - ma note pour ce film :
Réalisé par Jacques Fansten
Année de production : 1990
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